
à Messieurs IBANEZ de Berger,
LOISON, BORETTI Père et Fils de l’AMOVIS
Oui si vous reveniez Cher Mistral, Cher Daudet Comme vous trouveriez la Provence changée Vous qui avez charmé les jours de mon enfance Vous verriez à présent, dans quelle indifférence On bâtit des maisons dans nos riants vallons Qui ressemblent de loin à de tristes prisons Et le parfum grisant de nos belles collines Disparaît peu à peu, place à la calamine De ce mazout Infect qui abrège la vie De notre romarin et du thym si joli Ce qui compte à présent ce n'est que la vitesse Il n'y a plus d'auberges où la belle hôtesse Vous offrait au départ, le coup de l'étrier A présent on défile, sans même s'arrêter On dit que c'est le progrès inventé par les hommes Non, ne revenez pas, je continue mon somme En rêvant à Mireille et à Maitre Cornille A toute la Provence et à ses belles filles Car je poursuis mon rêve, oui mes chers disparus Non, ne revenez pas car vous seriez déçus
FRANCIS T